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    En ce début de mai, voilà bientôt huit ans que L’UPADS a quitté le pouvoir. Que reste t-il de cette longue période de désert politique? Malheureusement, le sentiment d’un parti en panne et donc d’un avenir obscur en ce qui concerne la reconquête du pouvoir par les urnes. On ne peut pas dire que le Congo va mieux depuis que L’UPADS a quitté le pouvoir. Au contraire, le pays s’est enfoncé dans la misère malgré ses énormes ressources pétrolières et des contrats dit de " partage de production " dont l’initiateur est le professeur Pascal Lissouba.

    Le président Lissouba dans sa lettre du 26 juillet 2004 nous a donné des raisons d’être fier de notre passage au pouvoir (1992-1997). En effet sous sa houlette, les comptes de la nation ont été redressés, la confiance des milieux financiers a été restaurée, le remboursement de la dette extérieure a repris, la croissance du Produit National Brut(PNB) avoisinait les 6% en 1997 alors qu’il était négatif quand L’UPADS est arrivé au pouvoir. Malgré nos faiblesses, nous avons quand même réalisé de bonnes choses.

    Les membres de L’UPADS n’ont donc pas à rougir de la gestion qui a été la leur de 1992 à 1997 d’autant que comparativement à la gestion du PCT(1969-1991) et (1997-2005) le bilan économique de L’UPADS est de loin meilleur. Mais au-delà de nos réussites, il y’a eu des ratés. Au bout de 8 ans d’exil de nos principaux leaders, c’est le moment de faire le bilan. Les membres de L’UPADS sont désemparés, il y a une crise de confiance au sein de notre parti.

    Dans cette situation, le Président Lissouba a eu raison de convoquer des sessions décentralisées des membres du Conseil National, élargies aux membres du Conseil National de supervision et aux cadres du parti. Ces débats internes vont être l’occasion pour la première fois depuis le coup d’Etat de 1997 de discuter de nos erreurs et victoires passées, de mettre en place une stratégie de reconquête dans la perspective des échéances qui se profile à l’horizon 2007 et 2009.Il n'y a rien de plus salutaire dans la vie politique que de débattre. Puisque l’occasion nous est offerte aujourd’hui, tous ceux qui se réclament de L’UPADS doivent saisir cette opportunité.

    A mon avis le débat actuel à L’UPADS oppose deux conceptions de l’opposition au régime de Sassou Nguesso. Certains veulent une alliance avec le régime Sassou pour exister politiquement car l’exil commence à peser lourd; D’autres pensent que le régime Sassou comme tous les régimes dictatoriaux s’écroulera un jour et qu’il faut attendre que le soleil revienne. Ces deux franges de L’UPADS ne doivent pas se regarder en chien de faïence. Au contraire, les sessions décentralisées auxquelles nous invitent Pascal Lissouba doivent nous permettre de faire valoir nos vues, nos différences.

    En définitive, ces deux conceptions devront être soumises aux militants sous forme de motions dans la perspective du prochain congrès qui doit se dérouler dans les meilleurs délais. La ligne politique qui sera choisie sera la voie de la majorité des militants et militantes.

    Le choix de la politique à suivre à L’UPADS ne peut se faire de manière délictuelle, c’est ainsi qu’il faut condamner l’attitude des membres qui ont convoqué une session du Conseil National en usurpant la signature du Président. Ceci ne les honore guère. Nous devons aller vers une confrontation des arguments des uns et des autres. C’est pour cela que la réussite de la session du 04/06/2005 de L’UPADS France est capitale car elle permettra de clarifier la situation des cadres de l’UPADS entre les deux tendances qui se profile : ceux qui sont favorables à un rapprochement avec le régime SASSOU et ceux qui ne le sont pas. N’oublions pas que s’il y a une personne qui pourrait se réjouir d’un échec de la session de L’UPADS France du 04/06/2005 C’est Sassou Nguesso car un échec de nos discussions entérinerait la coupure du parti en deux ailes. l’aile "légaliste" et l’aile "Sassouiste". Il est de notre intérêt commun d’aider à la réussite des travaux du 04/06/2005. Nous devons parvenir à faire entrer effectivement la démocratie dans le parti afin que nous retrouvions le chemin de la victoire que je sais possible en 2007 et 2009. Tous les dictateurs ont intérêts à ce que l’opposition soit désunie. Sassou Nguesso veut détruire L’UPADS car c’est le seul parti même dans son état moribond actuel capable de le battre.

    Alors mes chers camarades de L’UPADS, l’heure est grave, notre responsabilité est immense. Il faudra nous déterminer démocratiquement sur les choix de demain: Allégeance au régime Sassou ou opposition à Sassou ?

    Certains parleront même d’une voie médiane possible, mais ce choix doit appartenir aux militants de L’UPADS c’est à dire à vous, à moi. Les poids lourds du parti ne représentent en aucun cas L’UPADS. Ce parti nous appartient tous et personne ne doit engager le parti dans un sens ou dans l’autre sans avoir consulté, les militants qui constituent selon moi le cœur de L’UPADS.

    Jean Jaurès disait que "La République, c’est le droit de tout homme, quelle que soit sa croyance religieuse, à avoir sa part de la souveraineté." Moi je pense en tant que militant de L’UPADS que nous avons une part de souveraineté à l’intérieur de notre parti et qu’il nous faut en user.

    C’est pourquoi, je vous invite à être nombreux le 04/06/2005 à la session de Paris pour débattre de l’avenir de notre parti et à faire usage de notre part de souveraineté dans la reconstruction de notre parti.

    Vive l'UPADS

    Vive Pascal Lissouba

    Kovalin TCHIBINDA.
    Maître en Sciences Economiques 
    Consultant Peoplesoft.
    Militant de L’UPADS.
    Mail :ktchib@club-internet.fr

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    L’UPADS est née en 1991 de la volonté d’un certain nombre de cadres du Congo de créer un instrument politique d’alternance et de bataille électorale  permettant au professeur pascal Lissouba, d’accéder à la magistrature suprême en 1992 . 

    Rappelons nous en effet , lorsque le président Lissouba est arrivé à Brazzaville  en 1991 pour participer aux travaux de la Conférence Nationale souveraine, ce dernier ne disposait pas d’une organisation politique lui permettant de faire face à la nouvelle donne politique de l’époque  c’est à dire l’ouverture des pays africains à la démocratie. 

     L’UPADS fut ainsi créée afin de donner au Pays une nouvelle impulsion sous forme d’alternance politique, tranchant en cela avec un long passé de monopartisme . 

    Cet instrument politique fut en effet une véritable machine à gagner puisqu’il remporta en 1992 toutes les élections au suffrage universel (Election présidentielle, législative et locale). 

    L’union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) qui a géré le Congo de 1992 à 1997  traverse aujourd’hui une situation difficile depuis le coup d’état de 1997 qui fit exploser en plein envol la jeune  et fragile  démocratie congolaise. 

    On peut donc se demander  si l’UPADS peut survivre en tant qu’instrument politique après Pascal Lissouba étant donné ce qu’il représente pour bon nombre de militants et sympathisants de ce parti.

    En effet, le coup d’état de 1997 a envoyé en exil la plupart des leaders du parti. La gestion d’un parti depuis un pays étranger n’est pas chose aisée. l’exil a eu pour conséquence de diviser les cadres du parti entre ceux qui souhaitent négocier avec le pouvoir de Monsieur Sassou et ceux qui s’y opposent. 

     Le manque d’unanimité sur la politique à suivre face  au régime de Brazzaville a fractionné le parti d’où les trahisons et la défiance au président Lissouba que l’on constate depuis le début de l’exil.

    Quand un parti perd le pouvoir au Congo, beaucoup de ces cadres sont tentés de rejoindre le camp du nouveau  pouvoir. C’est une tradition. Une façon simple de conserver leur train de vie confortable, peu importe comment et avec qui. 

     En 1991 déjà,  après la conférence nationale souveraine beaucoup de cadres du PCT(Parti congolais du travail) ont rejoint l’UPADS car ils estimaient à l’époque que Sassou ne pouvait  pas conserver le pouvoir et eux leur privilèges. 

    La transhumance politique est donc l’apanage d’une grande partie du personnel politique congolais. Nombreux oublient que la politique n’est pas un métier mais un moyen de répondre aux aspirations des hommes et des femmes qui vous ont fait confiance sur la base d’un projet, c’est un contrat d’objectifs. 

    Mais on peut constater que malgré les défections de plusieurs cadres du PCT en 1991, ce parti est resté robuste derrière Monsieur Denis SASSOU NGUESSO. Même quand ce dernier a quitté le Congo pour la France, son parti a continué à fonctionné à l’intérieur du Pays.

    Il faut dire que la chance de Sassou Nguesso c’est de ne pas avoir eu au sein  de son parti plusieurs  éternels nécessiteux pressés. 

    La différence entre la perte du pouvoir par Monsieur Sassou en 1991 et celle du Professeur Lissouba en 1997 même si elle n’est pas de même nature est liée à l’âge des personnages. Quand Monsieur Sassou perd le pouvoir en 1991, il a 49 ans. Il reste le responsable incontesté de son parti. personne n’imagine au sein du PCT prendre la place de Monsieur Sassou Nguesso, il reste la référence sans laquelle le PCT ne peut revenir au pouvoir.

    Or que se passe t-il avec le Professeur Lissouba ?

    Lorsque celui ci quitte le pouvoir en 1997, il a 67 ans. Pour les cadres et dirigeants de l’UPADS  l’espoir de revenir aux affaires démocratiquement est infime étant donné que le pouvoir de Brazzaville fausse le jeu démocratique. d’où la contestation régulière des actes pris par le président, trahisons et publication de livres insultants à son égard . 

    Pour un certains nombres de cadres de l’UPADS,  Lissouba c’est le passé. Ils pensent que ce dernier leur fait perdre leur temps puisqu’il ne leur offrira plus jamais la possibilité de siéger en conseil de Ministres. Bref  Lissouba n’est plus un bon business politique. 

    Ils ont donc qu’une seule solution la prise de contrôle du parti pour une alliance avec le PCT ou le nouveau parti qui sera issu de la re- fondation de ce dernier dans la perspective d’occuper des places importantes au niveau politique, économique et social. C’est la preuve que plusieurs  cadres ont été avec Lissouba non par conviction mais par opportunisme. 

    La base électorale de Lissouba est composée de plusieurs régions(Niari, Bouenza, Lekoumou et une partie du Kouilou).Ce qui fait la force de la personnalité de Lissouba c’est sa capacité de fédérer ces régions.

    Lissouba est un mythe,  presque un dieu vivant dans le Niboland.
    Sa parole est sacrée devant le peuple du Niboland. On l’a bien constaté  lors de la mascarade d’élections  de 2002.Ce dernier a demandé au Niboland de ne pas participer aux élections (referendum constitutionnelle, élection présidentielle…).Le taux d’abstention a presque été de 100%. 

    l’un  des leaders  historiques qui avaient trahi n’a même pas pu se faire élire député dans une circonscription où les originaires du grand Niari sont majoritaires.

    Si sur la place de Paris ou au Congo, certains cadres du parti défient le Professeur  Lissouba, le peuple du Niboland continue à le soutenir. 

    On peut se demander aujourd’hui quel peut être  la légitimité d’un candidat issu du Niboland où d’ailleurs qui n’aurait pas la caution de Lissouba ? Mais il n y’a pas de doute possible. celle ci serait nulle. 

    Il n y’a qu’une seule solution pour que le parti survive après le Professeur Pascal Lissouba, la mise en place d’une démocratie interne qui va se traduire par la création de courants d’idées, qui vont  affronter le vote des militants. 

     Le courant majoritaire conduira ainsi le parti vers les futurs échéances sur la base d’un projet commun. Le candidat de l’UPADS à la  prochaine élection présidentielle devra donc être choisi par les militants, une sorte de primaire interne permettant à l’ensemble des militants de toutes les fédérations de s’exprimer et non de se voir imposer un individu aussi proche soit il du Professeur Lissouba. 

     Les candidats aux élections municipales et législatives devront être choisis démocratiquement. Bref la démocratie doit devenir la règle à L’UPADS car en son sein il n’existe pas un deuxième Lissouba capable de faire l’unanimité dans le grand Niari  sans un vote préalable. Il n’y a  qu’un seul Lissouba au Congo et on ne  pourra pas  le cloner. 

    Comme on peut le constater, Monsieur Lissouba reste la référence, le mythe, l’homme sans lequel l’UPADS n’est rien. Malgré son âge son autorité morale reste intacte, inscrite dans le marbre de l’UPADS. 

    Allons donc tous aux sessions décentralisées qui seront organisées au mois de juillet, puis au congrès, réformons les structures et les habitudes de notre parti, pratiquons désormais  la démocratie élémentaire, cultivons la culture d’opposition constructive et non guerrière car elle prépare  à la future alternance, Laissons de côté les logiques putschistes. 

    C’est à ce prix que l’UPADS, notre instrument politique, survivra après le Professeur LISSOUBA que je considère au delà de ses erreurs politiques comme l’un des  plus grands Congolais de l’histoire contemporaine.

    Kovalin Tchibinda


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