• Ah ! Qu’il est généreux  Jacques Chirac en  se souciant  des pauvres africains qui meurent de Sida, de Paludisme et de Tuberculose par millions tous les ans. Création d’une taxe de un euros par billets d'avions pour financer l'achat de médicaments à faible coût par les pays en voie de développement. Les revenus attendus sont de l'ordre de 1.2 milliards de dollars par an. Voilà comment la France pense aider  l'Afrique à faire face à toutes ces maladies qui déciment ses populations. De qui se moque t-on?

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    La France et les autres pays donateurs ont été capables dans les pays d'Asie du Sud-Est de décaisser plus de 10 milliards de dollars dans les mois qui ont suivi la catastrophe du Tsunami. Il est vrai qu'à la différence des morts africains, les nombreuses victimes du Tsunami étaient des touristes occidentaux venus passer leur vacance en Asie. Mais il y'a de quoi être révolté par l'hypocrisie de Jacques Chirac qui veut faire croire au monde que la France est généreuse et se soucie de l'Afrique.

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    Ce mécanisme de financement se fera d’abord au bénéfice des multinationales pharmaceutiques françaises qui devraient empocher grâce à ce dispositif des ressources financières  pour produire des médicaments à faible coût dont la composition sera sûrement différente des médicaments vendus en occident, un peu comme les premiers prix dans les rayons des supermarchés. Les régimes corrompus africains achèteront ces médicaments fabriqués par les multinationales françaises à des prix défiant toute concurrence et les revendront ensuite plus chères aux malades de leurs pays pour réaliser un bénéfice qu'ils rapatrieront comme toujours dans les banques européennes. Ainsi l'argent investi reviendra en France.

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    Le plus important pour l’Afrique n'est pas d'acheter les médicaments des firmes françaises moins chères mais de les fabriquer eux-mêmes en promouvant la médecine traditionnelle et en donnant les  moyens aux laboratoires locaux de produire ces médicaments.

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    Au lieu de sortir ce type de mesure "gadget" pour se donner bonne conscience alors qu'il  soutient des régimes politiques diaboliques en Afrique, monsieur Jacques Chirac devrait au contraire oeuvrer pour l'augmentation de l'APD (Aide publique au développement.). Les pays riches s'étant engager en 1970 au Nations-unies à consacrer 0.7% de leur RNB (Revenu national brut) pour promouvoir le développement des pays pauvres .

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    La dernière proposition de Tony Blair, Premier ministre britannique pour un plan Marshall en faveur de  l’Afrique avec annulation d'une partie de la dette des pays pauvres à hauteurs 80 milliards de dollars et un doublement de l'aide publique au développement jusqu'à 100 milliards par an s'avère  plus importante que le dernier 'gadget' sur la taxation des billets d'avions.

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    En réalité Jacques Chirac avec sa taxe, souhaite ne pas laisser à Tony Blair le monopole sur la question de l’aide à l’Afrique. Il faut reconnaître que la taxe de monsieur Chirac est en deçà des propositions anglaises et même des propositions du  Secrétaire général des nations unies monsieur Kofi Annan qui demande la distribution massive et gratuite de moustiquaires et de médicaments pour lutter contre le paludisme d'ici à la fin 2007.

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    Cette taxe sur les billets d’avions  n’est que de la poudre aux yeux pour promouvoir l’image d’une France qui se veut en théorie généreuse mais dont les valets locaux en Afrique n’ont aucune générosité vis à vis de leur peuple. Quand on voit les dictateurs africains qui soutiennent ce projet, on peut d’ores et déjà être sûre que l’initiative de Jacques Chirac ne se fera pas au profit des malades africains.

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    Kovalin Tchibinda


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  • « Ceux qui ne connaissent pas leur histoire s’exposent à ce qu’elle recommence. »(Elie Wiesel)<o:p></o:p>

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    Le 10/05/2008, La France commémore la journée de l’abolition de l’esclavage officiellement reconnu comme « Crime contre l’Humanité » par le parlement français en mai 2001. (Loi Taubira)

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    Il est vrai que l’esclavage des noirs était un sujet tabou dans la société française. Le nouvel intérêt qu’il suscite aujourd’hui peut permettre aux descendants d’esclaves, que nous sommes de tirer des ressources morales et spirituelles pour améliorer le sort  de nos peuples.

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    L’analyse des faits historiques de la traite arabe en passant  par la traite atlantique jusqu’à ce jour me laisse interrogateur.L’esclavage a t-il réellement été aboli ? Son impact sur les consciences africaines et européennes ne le perpétue t-il pas ?

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    Avant de répondre à ces interrogations, il est important de revisiter brièvement le long chemin du Peuple noir dans la souffrance et l’oppression.

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    La traite Arabo-Musulmane.<o:p></o:p>

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    En effet il est important d’expliquer à nos descendants que la  traite des noirs n’a pas été que l’apanage des peuples européens. Les Arabo- Musulmans qui l’avaient  d’abord expérimentés sur les Slaves (Environ 10 millions de victimes) avaient fini par se reporter sur les peuples noirs à qui ils ont fait subir pendant près de  mille ans( du VIIe au XXe siècle) un génocide dont on ne parle jamais.

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    Les Arabo-Musulmans capturaient les noirs dans leurs villages, leurs faisaient traverser le Sahara (plusieurs esclaves mourraient au cours de ce périple).A l’arrivé, ils étaient offerts à la vente dans les marchés prévus à cet effet. Les esclaves mâles  étaient castrés. Quand ils avaient survécu à cette castration, ils étaient  employés dans les travaux domestiques, guerriers, dans les mines de sel et d’or, dans les propriétés agricoles. La faible présence des noirs dans le monde Arabo-Musulman est d’abord due à la castration dont étaient victimes les esclaves mâles et  s’il existe une descendance des noirs dans le monde arabe  cela est dû  à la volonté des anciens maîtres d’augmenter leur cheptel en esclave pour des buts purement pratiques.

     <o:p></o:p>

    Fernand Braudel disait : « la traite négrière n’a pas été une invention diabolique de l’Europe. C’est bien les Arabo-Musulmans qui en sont à l’origine et l’ont pratiqué en grand. »<o:p></o:p>

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    La stagnation démographique, la misère, la pauvreté n’est pas seulement le fait du commerce triangulaire, il est aussi à rechercher dans la  traite Arabo-Musulmane. Remarquons que le monde Arabo Musulman n’a  jamais eu de mouvement abolitionniste. Il n’a jamais eu à se repentir  de son crime contre les noirs.

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    La traite atlantique.<o:p></o:p>

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    Les Français, Anglais, espagnols ont ensuite remplacé les Arabes. Dès le 8 janvier 1454 le souverain pontife exhortait l’esclavage des africains dans le but de les évangéliser. Les Européens après avoir exterminé les Indiens dans le nouveau monde(Amérique) avaient besoin d’une abondante main d’œuvre, robuste et adaptée au climat tropical pour travailler dans les mines d’or, d’argent, dans les plantations de coton, de canne à sucre et de café. Ils avaient fait des tests constatant que le rendement d’un esclave noir équivalait au travail de quatre indiens. Des théories fantaisistes circulaient sur les noirs pour justifier leur état de servitude « inné ». Pour se donner bonne conscience, tous les arguments religieux et scientifiques étaient utilisés. C’est ainsi que le médecin autrichien Merkel affirmait que les noirs avaient le cerveau et le sang noir. Sur le plan religieux les descendants de Cham étaient condamnés à être les esclaves de ses frères Sem et Japhet. C. Carol soutenait preuve biblique à l’appui que « les noirs n’ont pas d’âme et n’appartiennent pas à la famille humaine. ». Darwin  a conclu ses travaux en écrivant ceci : 

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    « L’homme s’est élevé de la condition de grand singe à celle d’homme civilisé en passant par les stades d’homme primitif et d’homme sauvage. Le degré le plus fini de l’évolution est l’homme blanc. »

     <o:p></o:p>

    Dans sa longue marche vers la souffrance l’homme noir aura donc tout subi. Quand il s’est avéré que le commerce des esclaves n’était plus rentable, les Européens ont inventé un nouveau concept : la colonisation que l’on pourrait qualifier d’esclavage à domicile.

     <o:p></o:p>

    La colonisation

     

    Tout au long de la colonisation, les noirs ont servi gratuitement les maîtres blancs, leurs terres ont été exploitées. La puissance de l’occident s’est décuplée grâce au travail des nègres. La fameuse mission civilisatrice n’a été que du mercantilisme. Les investissements réalisés par les Européens étaient d’abord pour la métropole. L’Afrique a connu le pillage de ses richesses, le travail forcé etc.…

     <o:p></o:p>

    Jacques Chirac ne s’est pas trompé en affirmant dans un discours « L’Afrique a été saignée à blanc pendant des siècles, on lui doit réparation. »

     <o:p></o:p>

    La colonisation s’essouffle à la fin des années 50. Par  stratégie et en vue de sauvegarder ses intérêts un néocolonialisme lié à la mondialisation va prendre forme. Désormais les colons n’agiront plus directement. Ils vont utiliser des valets locaux pour continuer l’œuvre civilisatrice qui n’est rien d’autre que la perpétuation de leur domination passée.

     <o:p></o:p>

    La mondialisation.

     

    Selon le principe de la mondialisation, le développement du commerce mondial est censé favoriser la croissance en imposant un rythme soutenu à la production. Il faut donc « libérer »  les échanges en supprimant les droits de douanes et toutes les mesures publiques limitant ou contrôlant l’accès au marché international ou l’entrée sur les marchés nationaux.

     <o:p></o:p>

    Le libre échange présenté de cette manière est une pure fiction. Les différences de situations entre les pays sont trop considérables pour que le système puisse fonctionner.

    Les états européens à travers ses institutions internationales imposent le libre échange aux états africains.

     <o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Le  libre échange n’est  qu’un alibi de la domination des pays européens. Leurs entreprises par ce biais peuvent pénétrer les marchés africains et mettre la main sur ses richesses naturelles, imposer des dictateurs, favoriser la misère et les Africains n’ont d’autres choix que de fuir leurs pays.

     <o:p></o:p>

    Les effets de la mondialisation ne sont pas si différents de celle de  la traite et du colonialisme. C’est en cela que je me pose la question suivante : L’esclavage à t-il réellement été aboli ?

     <o:p></o:p>

    Alors que les noirs ont été victime de l’esclavage du monde Arabo-Musulman pendant près de 1000 ans ;  Alors qu’ils ont subi 400 ans d’esclavage de la part des européens on peut noter aujourd’hui que ces mêmes noirs pour échapper à la misère sont prêts à rejoindre l’Europe (ancienne terre esclavagiste) via le Maghreb ( où ils ont subit la traite arabe). Certains d’entre eux se cachent dans les cales des navires marchands là où ils voyageaient jadis, pour rejoindre l’europe. D’autres se fabriquent eux-mêmes des radeaux pour rejoindre les côtes espagnoles.

     <o:p></o:p>

    Quand on sait que de nombreux noirs étaient jetés par-dessus bord  pendant la traite atlantique, le nombre de morts africains pour rejoindre l’Espagne ne peut que donner le sentiment d’une histoire qui se répète à l’envers. Hier on quittait l’Afrique de force, aujourd’hui on la quitte volontairement.

     <o:p></o:p>

    L’esclavage a peut-être été aboli, mais il continue à imprégner les relations entre les Européens et les Noirs à travers la fameuse mondialisation qui se fait toujours comme par hasard  au détriment des nègres. Les Noirs sont les nouveaux esclaves du système économique mondial actuel. Hier ils étaient « Esclaves » dans les plantations, puis sont devenus « Colonisés » sur leur propre terre. Maintenant on les appelle les "Pauvres". Y’a t-il une différence entre ces trois mots ?

     <o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Pour que l’esclavage soit réellement aboli dans la tête des noirs il est nécessaire de nous inspirer de cette phrase de Thomas Sankara : 

     <o:p></o:p>

    « Dépasser le passé pour vivre libre, refuser l’assistance qui développe la mentalité d’assisté. »

     <o:p></o:p>

    Les Noirs doivent prendre conscience de leurs  souffrances  passées et actuelles pour en faire un moteur de développement afin de soigner cette plaie inguérissable qui semble s’être logée définitivement dans leur  subconscient: l’Esclavage

     <o:p></o:p>

    Kovalin Tchibinda <o:p></o:p>

    Mail : ktchib@club.fr<o:p></o:p>

    Blog://kovalin.oldiblog.com

     

    <o:p>Kovalin Tchibinda</o:p>


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  • Monsieur Sassou Nguesso aura beau pavoiser sur l'accession du Congo à l'initiative PPTE(Pays pauvres très endettés), une chose est sûre, cela ne changera rien à court, moyen et long terme à la vie de la population congolaise.

    Je peux même affirmer sans risque de me tromper que si la dette congolaise était effacée en totalité, il n y aurait aucun impact sur la vie quotidienne des citoyens congolais avec le régime actuel (ou un autre régime) dont les pratiques seraient proches de celles de Sassou Nguesso et de son clan.

    Certains esprits légers diront que je m'enferme dans une opposition jusqu'au boutiste au point d'être si pessimiste. Et pourtant c'est la vérité et je vais essayer de vous démontrer pourquoi je pense que le salut du Congo et de l'Afrique ne peut venir de l'effacement de sa dette.

    Il est très courant au Congo de rechercher les causes du sous développement dans les aspects historiques que sont la traite négrière, la colonisation, le néocolonialisme, la détérioration des termes de l'échange etc.…

    Toutes ces causes sont reprises en refrain par l'élite congolaise qui ne voit derrière le sous développement qu'un complot de l'ancienne puissance coloniale qui se goinfre sur notre dos et nous laissent dans une situation tragique.

    " Nous sommes des victimes de la colonisation, donc les Français nous doivent des indemnités " Tel est le credo d'une partie de l'élite congolaise qui n'a comme prisme d'analyse que la 'victimisation'.

    Loin de moi l'idée de nier les facteurs exogènes du sous développement que j'ai cités plus haut. Je pense même, que si ces facteurs disparaissaient, notre développement économique ne serait pas amorcé, car à côté des facteurs externes et internes (mauvaise gouvernance, corruption), il y'a des facteurs sociologiques plus pernicieux, donc plus difficiles à déceler, liés à notre culture et à nos mentalités qui nous éloignent inéluctablement de la route du développement.

    Nos traditions.

    Je suis souvent très étonné par le manque de culture démocratique de nos sociétés africaines où la liberté de penser (et d'action) est étouffée par des notions comme le droit d'aînesse, l'obéissance au chef, au grand frère, au père etc.…

    Nos traditions ne sont pas des lieux libertaires où l'on peut faire et dire n'importe quoi. La tradition s'emploie à pétrifier les consciences. Quand vous essayez de sortir de cet étouffement, on vous rétorque que vous êtes un aliéné, que l'Afrique a ses propres lois et valeurs à suivre. Je comprends alors pourquoi la démocratie a du mal à s'enraciner dans nos sociétés.

    Je sens en Afrique une sorte de rejet de tout ce qui a attrait à l'occident et notamment à sa culture des droits de l'homme. En Afrique l'individu n'existe que par le groupe, le clan ou l'ethnie. Je sens aussi un rejet de la technologie occidentale. On est prêt à utiliser la voiture, le téléphone bref tous les éléments de la modernité mais on refuse de se l'approprier. Ces rejets sont justifiés au nom d'un particularisme traditionnel que nous avons trop tendance à revendiquer alors qu'il est responsable de notre misère.

    C'est au nom de ces traditions d'obéissances, de respect dû au chef que nous acceptons de subir la dictature de Sassou sans broncher. Et c'est même au nom de ces traditions que Jacques Chirac affirmait que " la démocratie était un luxe…pour l'Afrique "

    " Les exactions de la classe politique se nourrissent au contraire des sécrétions narcissiques, des sociétés africaines et reflètent en bonne logique, l'image étroite, autoritaire et carcérale de leur hygiénisme culturel " (Axelle Kabou : et si l'Afrique refusait le développement? " éditions l'Harmattan )

    L'éclosion d'un personnage comme Sassou Nguesso dans la sphère politique congolaise ne peut être que le reflet de notre culture. Ses méthodes de gestion du pays ne sont que le reflet de la manière dont nous gérons nos relations sociales.

    Si monsieur Sassou Nguesso était né en France et devenu président de ce pays, il aurait géré l'hexagone avec la rigueur que commande la culture occidentale. De même, si monsieur Chirac était congolais, sa gestion de l'état n'aurait pas été si différente de celle Sassou Nguesso actuellement.

    A côté de nos traditions, se sont greffées des habitudes héritées des années " post-indépendance " : La forte propension à la mendicité, le manque d'ardeur au travail, le goût des choses dérisoires (fête, cérémonies somptueuses), la bêtise, la cupidité, le retard systématique aux rendez-vous (le nègre étant fâché avec l'heure)…

    Incapable de construire un état depuis 40 ans, notre sécurité sociale est devenue la nomination d'un membre du clan à un poste important car dit on dans notre culture le grand frère aide ses petits frères, sœurs, cousins et cousines. C'est ainsi que les cabinets ministériels ressemblent plus à des conseils de famille qu'à des cercles de compétences. Les chefs d'entreprises embauchent en priorité sur des bases tribales au mépris de la compétence et de l'expérience des candidats.

    Nous vivons encore en Afrique sous le joug d'un " Totalitarisme traditionnel " que les institutions internationales comme le FMI, la banque mondiale et l'OMC ne peuvent mettre dans leurs indicateurs de performances.

    Les traditions congolaises en étouffant la libre pensée, étouffent la démocratie ; et en étouffant la libre entreprise, étouffent la créativité, la libération des énergies.

    Tant que la libre pensée ne sera pas encouragée comme norme dans la société congolaise, le développement de notre pays restera problématique.

    La dette sera réduite, mais nos traditions et nos mœurs seront là pour contrecarrer le développement attendu et nous demanderons à nouveau dans les prochaines années aux institutions internationales une réduction de dette.

    Un changement profond des mentalités doit s'engager pour qu'un début de développement prenne corps au Congo. Espérons que la misère organisée et entretenue (par le pouvoir en place) qui sévit actuellement dans notre pays entraînera ce profond changement de mentalité sur la libre pensée, la libre entreprise et un questionnement sur les aspects négatifs de nos traditions. Une remise en cause de notre société est nécessaire pour commencer à amorcer le développement du Congo. Sans elle, l'annulation de la dette sera de nul effet.

    Le fait religieux.

    La multiplication des sectes et notamment des églises dites 'réveillées' n'est pas un phénomène rassurant pour le développement économique du Congo. Avec des croyances tribales sur la sorcellerie, ces sectes dont l'obscurantisme pousse ses adhérents à croire que Dieu peut les transporter au Canada sans obtenir de visa, prennent un essor considérable au Congo. Elles poussent ses adeptes à croire que la solution aux problèmes du Congo viendra de Dieu et non du travail ; D'où le développement des jeux de hasard. Sûrement que la crise économique en est pour quelque chose.

    Mais l'idéologie diffusée par ces sectes me semble dangereuse. La plupart d'entre elles n'ont qu'un seul discours, 'Dieu pourvoira à vos besoins. Sassou Nguesso, c'est Dieu qui l'a mis là. Toute autorité vient de Dieu. Il ne sert à rien de se révolter, le temps de Dieu arrivera.'

    On peut donc comprendre pourquoi un pouvoir arrogant et fier de piller les richesses du pays n'est pas mis en difficulté, puisque le peuple congolais attend que Dieu s'en occupe. Or ne faudrait-il pas appliquer l'adage 'aide-toi et le ciel t'aidera' ?

    Cette irrationalité de la population fait perdurer le règne d'un homme qui aurait été démis de ses fonctions dans n'importe quelle démocratie digne de ce nom avec tous les scandales accumulés depuis plus de 20 ans.

    Dans un tel contexte religieux, le développement du pays ne réside plus dans la volonté du peuple de changer son destin mais plutôt dans l'attente d'un ordre divin qui sera mis en place avec le départ de Sassou Nguesso.

    Toute cette mentalité religieuse est un frein au développement que la réduction de la dette du Congo ne pourra régler.

    L'Afrique du 21e siècle doit sortir de son irrationalité habituelle pour entrer définitivement dans la voie du développement.

    Nous devons nous inspirer de la population polonaise des années 80, pourtant très croyante en Dieu, qui a réussi à changer le cours de son histoire en se mettant debout comme un seul homme pour combattre la dictature communiste incarnée par le général Wojciech Jaruzelski.

    Les méthodes managériales.

    Le troisième et dernier facteur sociologique qui nuit à notre développement est notre conception du management. Il est de notoriété publique que le congolais soit paresseux, il arrive toujours en retard au travail, il prend toujours son temps et préfère le temps de loisirs à celui du travail. Au Congo, on arrive au boulot à 10H on repart à 13H00.

    Le Congolais est sous payé par rapport au coût de la vie mais surpayé par rapport à sa productivité.

    Or il n y'aura pas de développement au Congo sans une augmentation de la productivité de notre travail.

    Les sociétés d'Etat et l'Etat ont fait faillite, cependant personne ne s'est posé la question sur les raisons de ce fiasco. Les raisons sont sûrement à rechercher dans ce que Axelle Kabou appelle " l'économie d'affection "

    En effet les fameux chefs d'entreprises congolais gèrent leurs affaires de manière purement traditionnelle sans tenir compte des normes occidentales d'efficacité, de profit, de rentabilité etc.… On se comporte avec ses salariés comme un despote à l'image des autorités politiques. On nomme des parents à des postes sans formations nécessaires. Toutes ces entreprises créées en général par les proches du clan présidentiel n'ont pas d'objectifs de croissance, de rentabilité ; La comptabilité est à peine tenue. Par contre 'l'ego social' du patron est au zénith au point que certains se sont permis par le passé de laver leur voiture au champagne ou à la bière la plus cher du marché. C'est cela les méthodes managériales au pays de Sassou Nguesso et du gas " pillage "

    Avec de telles méthodes de gestion, vous comprendrez que le développement du Congo ne peut dépendre seulement de l'annulation de sa dette.

    Pour réussir économiquement plusieurs choix s'imposent à nous : L'épuration des valeurs traditionnelles négatives, la prise de conscience que le développement dépend de la créativité et du travail (productivité) et non du temps que l'on passe chez les 'Ngangas', dans les 'Ngandas' ou dans les Eglises, le changement des méthodes managériales, l'appropriation de la science et de la technologie occidentale afin de l'adapter à nos réalités.

    Ce n'est donc pas l'annulation de la dette qui développera le Congo ; mais une transformation sociologique(et psychologique) de nos mœurs et habitudes pour les adapter au monde actuel. Prenons exemple sur les pays émergents qui tout en puisant dans leur tradition(bouddhisme, shintoïsme) se sont emparés de la science occidentale pour se hisser dans la compétition économique mondiale comme des acteurs influents (Chine, Japon…)

    Comme on peut le constater le culturel au Congo bat à plate couture l'économique ! Tous ces aspects traditionnels, religieux et managériales perpétuent la misère dans notre pays.

    Je termine mon argumentaire par ces propos d'Axelle Kabou " La prospérité naturelle des peuples ne se conquiert que sur le terrain de la productivité, de l'inventivité et de la lutte syndicale " Les Congolais doivent en être conscient.

    Kovalin Tchibinda

    Consultant Peoplesoft.

    Mail :ktchib@club-internet.fr

    Blog: http://kovalin.oldiblog.com


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