• L'élection du premier tour de la présidentielle française révèle un profond rejet des français  à l'égard des immigrés et des français d'origine étrangère. Toute la thématique de la campagne s'est faite sur des notions telles que l'immigration, l'identité nationale laissant de côté les problèmes économiques et sociaux.

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    Que 31% des Français ait voté pour le candidat sortant alors que le bilan de la droite est plutôt négatif sur le plan  économique, social et même sécuritaire est très étonnant ! On voit donc que la thématique sociale n'a pas été primordiale et que l'immigration, l'insécurité et l'identité nationale française ont été au cœur de ce premier tour.

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    En votant Sarkozy au premier tour sur ces thématiques racistes, les électeurs xénophobes de France souhaitent donner les moyens à Sarkozy d'appliquer  par procuration la politique préconisée par Jean- Marie Lepen. Bref en votant Sarkozy, on a rendu respectable les idées de Lepen.

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    Le seuil de tolérance à l'égard des immigrés.<o:p></o:p>

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    Les Français dit de 'souche' semblent exaspérer par l'immigration et les violences dans les banlieues que l'on impute aux jeunes 'Arabes' et 'Noirs'. De ce fait ils estiment que la répression est la seule réponse. Nicolas Sarkozy incarne assez bien cette répression d'où le score qu'il obtient malgré ses propos sur le 'Karcher' et la 'Racaille'.

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    Nicolas Sarkozy dit donc tout haut ce que les Français de 'souche'  pensent tout bas. Ils en ont  marre de ces jeunes français issus de l'immigration qui ne respectent pas les règles, de ces musulmans 'présumés terroristes' d'avance, qui voilent leurs femmes, de ces noirs 'polygames' et 'exciseurs' que ne respectent pas l'identité nationale française.

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    La campagne présidentielle de 2007 se sera donc faite contre un certain type de population même si certains noirs (Basile Boli et Doc Gynéco) et arabes (Rachida Dati) ont joué les 'nègres' de service, servant d'alibi à Nicolas Sarkozy. 'Vous voyez dans mon camp, il y'a également des noirs et des arabes. Donc je ne divise pas les Français mais je les rassemble' !

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    Si Nicolas Sarkozy devait gagner dans deux semaines, ce sera d'abord sur les notions clés de l'immigration, l'insécurité et l'identité nationale. Ségolène Royal ne pourra pas attirer les électeurs du Front national  et de François Bayrou avec son discours de régularisation des 'sans papiers' cher à la gauche de la gauche. Les Français dans leur grande majorité ne veulent plus de régularisation massive estimant qu'il faut arrêter cette politique.

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    De la même façon, le discours de Ségolène Royal sur la régularisation des parents ayant des enfants scolarisés ne passent pas dans l'opinion. Que faire donc?

    Pour contrer Sarkozy, elle doit être plus dure sur  la politique d'immigration.  Le pourra t-elle? Doit-elle garder ses valeurs où aller dans le sens de l'opinion générale de la population qui rejette cette France métissée qui à force d'incorporer d'autres populations risque de perdre son identité nationale?

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    Le mépris des éléphants socialistes.<o:p></o:p>

    Ils ont été déloyal avec la candidate socialiste, souhaitant sa défaite, espérant une montée de Bayrou plus propice à leur proposer des postes. Le score de Bayrou est dû à des gens comme Rocard, Strauss Khan, Kouchner qui ont désorienté l'électorat socialiste. Ils ont souhaité de tout leur cœur l'élimination de Ségolène Royal au premier tour mais ils ne l'ont pas obtenu. Et ils souhaitent encore aujourd'hui sa défaite au second tour. Les éléphants du Parti socialiste auront fait preuve tout au long de ces élections d'une 'indignité' sans pareil et seront en grande partie responsable d'un éventuel échec de Ségolène le 06 mai prochain

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    Conclusion

    Même si Ségolène Royal, a le meilleur projet  économique et social, elle ne pourra pas gagner cette élection sur ces thématiques. Les Français sont de moins en moins préoccupés par l'économique et le social et préfèrent qu'on leur parle d'identité nationale, d'insécurité, de 'Karcher', de 'racaille', de 'Bite de noirs' etc.

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    Nous sommes maintenant à l'heure de la xénophobie triomphante. Les étrangers, et les Français d'origine maghrébine ou africaine devront s'attendre dans les cinq ans  à subir la foudre de la majorité. Au nom du peuple français 'la 'Karchérisation’ est en marche' et les 'racailles' n'ont qu'à bien se tenir.

     

    Kovalin Tchibinda

    Mail: ktchib@club.fr


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  • Kovalin Tchibinda KouangouSi généralement les élections en Afrique francophone ne passionnent aucun français, en revanche les élections françaises intéressent au plus haut point les pays africains francophones, du subalterne aux élites dirigeantes.

    Dans ces pays, chacun suppute sur le prochain président français en s'imaginant qu'il va bouleverser les relations entre la France et ses anciennes colonies. Les partis d'oppositions africains espèrent que le nouveau locataire de l'Élysée sera moins complaisant avec les

    dictateurs, tandis que les membres des castes au pouvoir souhaitent perpétuer des relations qui leur permettent de piller allègrement leur pays.

    Il est vrai que l'élection présidentielle française de cette année a un enjeu particulier. Elle consacre l'avènement au porte du pouvoir d'une nouvelle génération d'hommes et de femme politiques incarnée par Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et François Bayrou.

    Dans un discours prononcé à Frangy en Bresse le 23/08/2006, Ségolène Royal déclarait : " L'utopie réalisable du XXIe siècle, c'est que les pays pauvres, notamment l'Afrique, sortent de la misère grâce au co-développement. C'est là que se situe la vraie réponse au problème des migrations…Non seulement l'aide que nous apportons aux pays pauvres est parmi les plus faibles mais elle va à des pays peu démocratiques et la France est qualifiée de particulièrement performante pour la vente d'armes aux dictatures…nous devrons le changer si nous voulons être crédibles. "

    Nicolas Sarkozy devant le parlement béninois le 19 mai 2006 a affiché sa volonté de remodeler les relations entre la France et l'Afrique en tenant des propos révolutionnaires à contre-pied de l'ancienne classe politique française (de De Gaulle à Chirac.) Il affirme : " Seule la démocratie peut répondre aux aspirations des citoyens. Seule la démocratie peut permettre à un pays de se sortir d'une crise interne, aussi grave et longue soit-elle. Quoi qu'on ait pu penser pendant si longtemps, la dictature, ce n'est pas la stabilité. Seule la démocratie peut créer les conditions de la stabilité en profondeur… Je crois indispensable de faire évoluer, au-delà des mots, notre relation. L'immense majorité des Africains n'ont pas connu la période coloniale. 50% des Africains ont moins de 17 ans. Comment peut-on imaginer continuer avec les mêmes réflexes ? "

    Dans la même appétence, François Bayrou affirme : " L'Afrique devrait être notre tourment. Tant que vous aurez les vingt pays les plus pauvres de la planète maintenue dans leur dénuement, à quelques centaines de kilomètres des dix pays les plus riches de la planète, vous aurez des vagues migratoires. Il n'y a qu'une politique juste et efficace de lutte contre l'immigration que nous devrions imposer à la communauté internationale et à l'Europe : C'est de garantir aux Africains qu'ils peuvent vivre convenablement en Afrique, de leur travail, comme des hommes debout. "

    L'épineuse question de l'immigration met au centre de la campagne présidentielle les relations de la France avec ses anciennes colonies. Beaucoup de jeunes qui se sont révoltés dans les cités françaises en 2005 avaient pour origine l'Afrique noire francophone. D'où l'intérêt pour les principaux candidats à l'élection présidentielle de proposer un nouveau partenariat avec l'Afrique.

    Au-delà du baume au cœur que ces discours peuvent procurer à une partie de l'élite africaine rêvant de démocratie, il est nécessaire de s'interroger sur leur fiabilité. Déjà en 1981, François Mitterrand préconisait une métamorphose des relations entre la France et ses anciennes colonies ; De nombreux intellectuels africains de l'époque pensaient qu'il achèverait le processus d'émancipation des peuples africains mal amorcé par De Gaulle et Foccart. Malheureusement il fut sur les questions africaines 'un politicien virtuose de la routine'.

    Peux t-on penser que l'heure du chambardement est arrivée dans les relations Franco-Africaine, avec l'émergence de nouveaux acteurs politiques en France ?

    La réponse à cette question est négative. Et voici pourquoi :

    1-L’érosion du pouvoir politique en France au profit des multinationales.

    En réalité aucun des candidats à l'élection présidentielle ne pourra réformer les liens entre la France et l'Afrique s'il accède au pouvoir. De nos jours le 'Politique' a abandonné son pouvoir à 'l'Economique'. On assiste à une privatisation de la politique française en Afrique.

    Ce sont les multinationales françaises qui gèrent l'Afrique francophone. Elles sont devenues des acteurs de premier plan dans les relations entre la France et ses anciennes colonies. Elles ont toutes été privatisées rendant le rôle de l'état quasi nul dans la politique de ces organisations.

    Par conséquent, Les multinationales françaises ont les moyens de déstabiliser n'importe quel régime africain (démocratique ou dictatorial) sans que le Quai d'Orsay n'est rien à redire.

    De ce fait, la politique africaine de la France, est d'abord la politique des multinationales françaises installées en Afrique. Ces dernières sont sans scrupule et ont les moyens financiers d'imposer à l'Afrique des dirigeants psychopathes travaillant pour leurs intérêts. En conséquence, les autorités françaises ne peuvent aller à l'encontre des intérêts de leurs multinationales. La place économique de la France dans le monde en dépend.

    Il est aujourd'hui indéniable que la relation Franco-Africaine tissée après le " don des indépendances de 1960 " est immorale et est à l'origine de la misère dans les pays d'Afrique francophone. Les candidats à la présidentielle souhaitent moraliser ces relations en passant de l'uni -développement en faveur de la France à un co-développement pour réduire la misère dans les pays africains. Or le capitalisme est un système économique qui ne prône pas le 'partage'. Ce qui compte pour les capitalistes c'est le profit. Si les multinationales françaises peuvent faire le maximum de bénéfice avec la complicité des dirigeants africains qu'elles ont aidé à placer et à maintenir au pouvoir, pourquoi se gêneraient-elles ? Au nom de quelle morale et de quel principe les capitalistes français feraient du co-développement surtout si ses principaux concurrents en sont dispensés?

    Compte tenu des effets néfastes de la 'Françafrique', Il serait moral de modifier les relations entre la France et l'Afrique pour permettre aux africains d'entamer leur développement. Mais ce n'est pas la morale qui détermine les intérêts ou qui régit l'économie : C'est le 'Marché'.

    Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et François Bayrou font de 'L'angélisme moral' en transformant les relations France-Afrique en problèmes moraux, ce qui est la meilleure façon de ne jamais les résoudre. Si on compte sur le co-développement pour résoudre la misère en Afrique, on se raconte des histoires : on fait preuve d'angélisme puisque la misère en Afrique est d'abord la conséquence des liens spéciaux existants entre l'Elysée, les multinationales et les dictateurs ; Ces liens spéciaux favorisant la corruption et les dictatures en Afrique

    Compte tenu de la faible marge de manœuvre dont dispose le 'politique' dans ce monde 'Mondialitaire' tenu par les multinationales, on peut affirmer sans l'ombre d'un doute qu'aucun des candidats à l'élection présidentielle française ne pourrait révolutionner les relations entre la France et ses anciennes colonies. Les intérêts économiques des multinationales françaises l'emporteront sur les discours angéliques des politiques à l'égard de l'Afrique.

     

    2-la place de la France dans le monde.

    « Les nègres sont condamnés au destin d’éternels supplétifs de la grandeur française. Postulat bien entendu inacceptable » (Mongo Beti)

    La France est une puissance moyenne, membre du conseil de sécurité des nations unies qui a besoin des pays africains pour garder son rang dans le monde. En effet, les états africains francophones votent toujours dans le même sens que la France dans les instances internationales.

     

    Si bien que, pour conserver son influence planétaire, la France impose à ses anciennes colonies de la soutenir sur le plan international et de promouvoir la Francophonie ; Cette Francophonie devenant un moyen pour les Africains de défendre leur héritage colonial. En contrepartie de ce soutien indéfectible, la France maintien au pouvoir les dirigeants africains collaborationnistes.

    L'influence de la France à travers la coopération Franco-Africaine empêche le développement de l'Afrique francophone, car elle maintien expressément le statu quo pour les intérêts de ceux qui en tirent profit (les dictateurs africains, les multinationales françaises et l'état français.) Une réforme de la politique africaine de la France pourrait lui faire perdre son influence au niveau mondial. C'est pourquoi aucun candidat élu à la présidence en France ne pourrait prendre ce risque. L'influence française dans le monde est un des aspects de la continuité de l'état. C'est une obsession stratégique de l'hexagone.

    Mongo Beti dans son ouvrage: La France contre l'Afrique : Retour au Cameroun affirme : " La France ne peut pas se passer de l'Afrique. Celle ci est le relais indispensable à son prestige. Elle est nécessaire au maintien des positions françaises dans les grandes instances internationales, elle est enfin la survivance de tout un passé français. Voilà ce qui a fait le malheur de l'Afrique, c'est la racine même de la stagnation. C'est cette paranoïa qui a ligoté et paralysé le continent noir. "

    La France n'a donc aucun intérêt et aucune raison de modifier une politique qui lui permet de fertiliser son influence au niveau planétaire quand bien même le maintien de son prestige a un coût cannibale en termes de sacrifices humains.

    Il est quasiment sûre qu'en cas de modification de la politique africaine actuelle de la France, les régimes africains issus de ces changements seraient moins accommodants avec l'ancienne puissance coloniale qui aura contribué durant près d'un demi-siècle à maintenir des dictateurs corrompus au pouvoir, donc à augmenter la misère des populations locales.

    Les candidats à l'élection présidentielle française font donc de l'incantation pour se donner bonne conscience. Une fois au pouvoir, la raison d'Etat, les intérêts supérieur de la France auront la primauté sur la résolution de la pauvreté en Afrique. Ainsi, la rationalité économique, la place de la France dans le monde implique le maintien de lien privilégié avec les dictateurs africains qui sont les seuls gages de la longévité de l'influence française au niveau mondial.

     

    3- Le Franc CFA la monnaie qui tue l’Afrique Francophone.

    « Aujourd’hui, on est colonisé et on ment au peuple qu’on est libre » (Léopold Sédar Senghor. Jeune Afrique du 07 janvier 1977)

    Il ne pourrait y avoir de modification de la politique africaine de la France sans l'abandon par le pays des droits de l'homme d'une monnaie qu'elle continue à gérer au détriment des économies des pays d'Afrique francophone : Le Franc CFA : Le Franc de la communauté financière africaine. Sans revenir sur les principaux instruments de l'asservissement de l'Afrique par l'occident au fil des siècles, il faut retenir qu'un seul instrument de cette soumission n'a pas changé de nom : La monnaie. Le Franc CFA est en fait un instrument de la permanence de la colonisation française en Afrique.

    En effet, d'après les accords monétaires entre la France et ses anciennes colonies, tous les avoirs extérieurs des pays africains de la zone Francs doivent être déposés à hauteur de 65% dans un compte d'opération du Trésor Public français et rémunérés à un taux dérisoire. (2) Les avantages pour la France sont nombreux. On peut citer le contrôle économique des pays africains francophones par les réserves de changes, la position privilégiée pour les entreprises françaises pour tout investissement étranger par le contrôle et les garanties des transferts, la conservation des débouchés commerciaux, la conservation des sources d'approvisionnements…

    L'une des causes de la pauvreté en Afrique francophone, au-delà de la mauvaise gestion des régimes dictatoriaux installés et soutenus par la France, est à rechercher dans l'absence de souveraineté monétaire de ces pays. Quand on sait l'importance de la monnaie dans le cycle économique, aucun pays ne peut laisser à une institution sur laquelle il n'a aucun contrôle la responsabilité de gérer sa monnaie. Pourtant l'Afrique noire francophone a abandonné sa politique monétaire à la France.

    Joseph Tchundjang Pouemi affirme dans son célèbre ouvrage Monnaie servitude et Liberté : " Mettre la monnaie au service de l'économie. Ce n'est possible que si la banque centrale est soumise à la tutelle du politique via le ministère chargé du trésor. Cette ' subordination fondamentale ' conditionne la maîtrise de la conduite de la politique économique de tous les gouvernements "

    Or le Franc CFA est soumis à la tutelle politique du Trésor public français et non des états africains. Dans ces conditions la politique monétaire du Trésor public français a tendance à favoriser les activités des multinationales françaises et est incompatible avec le souci des africains d'améliorer leur revenu. De ce fait, le Franc CFA n'est pas au service des économies africaines et l'on comprend mieux pourquoi cinquante ans après les pseudos indépendances de 1960, les pays africains francophones, pourtant riches en matières premières stratégiques n'ont pas engagé le processus de leur industrialisation.

    Le malheur des élites africaines, c'est qu'ils ne savent pas faire le lien entre la monnaie et le développement.

    Les pays africains francophones en déposant 65% de leurs réserves de change à l'étranger se prive d'une capacité de financement nationale. C'est une perte sur le plan macro économique.

    Seuls les nations qui ont su résoudre l'équation qui lie l'économie au circuit monétaire prospèrent en Afrique. C'est le cas de l'île Maurice, de l'Afrique du sud, du Rwanda et de certains pays du Maghreb. Le cas des pays asiatiques nous le confirme. C'est par la souveraineté monétaire, l'accumulation du capital que ces pays se sont développés.

    Mettre en place une nouvelle politique africaine de la France, c'est aussi permettre à l'Afrique de prendre en main son destin monétaire en renonçant à gérer le Franc CFA. Or la France a trop d'intérêts en Afrique pour se permettre d'abandonner une monnaie qui lui procure de nombreux avantages, particulièrement en cette période où d'autres puissances (Usa, Japon, Chine, Brésil) s'intéressent de plus en plus aux matières premières africaines?

    4-Conclusion.

    Ne rêvons donc pas ! Le prochain président français en mai 2007 n'aura aucun intérêt à faire évoluer les relations de la France avec ses anciennes colonies. Les intérêts de la France à travers ses multinationales installées en Afrique, son rang dans l'échiquier mondial rendent pratiquement impossible une révolution dans le domaine des relations France-Afrique.

    Cependant, ces relations ne pourront changer que si les Africains eux-mêmes décident de s'extirper de la supercherie de 1960 qui a vu le général Charles de Gaulle offrir l'indépendance à l'Afrique pour éviter une véritable décolonisation. En effet comme l'affirme Alain Bindjouli Bindjouli dans son ouvrage L'Afrique noire face aux pièges de la mondialisation " il ne peut y avoir de décolonisation que si le processus colonial est interrompu. " Or ce que la France a offert à ses anciennes colonies en 1960, c'est l'indépendance, dépourvu de décolonisation : L'indépendance c'est le pouvoir de se gérer, cela ne signifie pas que l'on peut faire bon usage de ce pouvoir. Les leaders africains en 1960 ont choisi en toute liberté de rester sous le joug colonial. La décolonisation, elle, porte sur l'être. Elle est la création d'hommes nouveaux qui se sont débarrassés des tares et séquelles de la période coloniale. C'est une véritable désaliénation. Cette désaliénation ne s'étant pas produite en Afrique francophone, la décolonisation n'a pas eu lieu.

    L'Afrique francophone doit couper toute seule le cordon ombilical qui la lie à la France pour établir avec elle des relations 'assainies, décomplexées, et équilibrées''

    Elle doit prendre son indépendance véritable en se décolonisant. Elle ne doit rien attendre de Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy ou de François Bayrou. Son avenir passe par la décolonisation intégrale qui doit s'appuyer sur la culture et la civilisation africaine, la démocratie, la souveraineté monétaire, la bonne gouvernance et le rejet des solutions criminogènes venues du FMI : Le Fond de misère instantané et de la Banque mondiale.

    L'avenir des relations entre la France et ses anciennes colonies dépend de la désaliénation des élites africaines et non des candidats à l'élection présidentielle française dont les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent.

    Kovalin Tchibinda

    Mail : kovalin@tchibinda.fr

    Blog :http: //kovalin.oldiblog.com

    Bibliographie:

    Mongo Beti: la France contre l’Afrique

    Alain Bindjouli Bindjouli : L’Afrique noire  face aux pièges de la mondialisation

    Andre Compte-Sponville : le capitalisme est-il  moral ?

    Joseph Tchundjang Pouemi : Monnaie Servitude et Liberté : La répresssion  monétaire de l’Afrique

    François Kéou Tiani : Le franc CFA, la zone   franc et l’Euro

    Joseph Ki-Zerbo : A quand l’Afrique ? Entretien avec René Holenstein

    (1) L'ancien président de la Côte d’Ivoire Félix Houphouët-Boigny inventa l'expression France-Afrique en 1955 pour définir les bonnes relations qu’il voulait établir avec la France. L'expression dérivée « Françafrique » a ensuite été forgée par François-Xavier Verschave.

    (2) Dans le cas du Congo-Brazzaville les réserves déposées au Trésor public français représente pour 2006  400 milliards de FCFA soit 4 milliards de Franc français(610 millions d’euros)


    3 commentaires
  • S'il y'a un sujet qui sera au cœur de la prochaine campagne présidentielle française c'est bien celui de l'immigration. Mais vous entendrez aussi parlé d'un nouveau concept qui devrait faire mouche comme solution aux problèmes de la pauvreté en Afrique : Le co-développement.

     

    Les principaux candidats à l'élection présidentielle française n'y vont pas par quatre chemins. Ségolène Royal au Forum mondial des droits de l'homme qui s'est tenu à Nantes du 10 au 13 juillet 2006 déclarait : " La question de l'immigration ne peut être déconnectée de la question du co-développement. C'est par le droit des familles à vivre dans leur pays d'origine que l'on mettra fin à l'immigration clandestine. Pour cela il faut réussir le développement des pays pauvres. "

     

    Nicolas Sarkozy le 29 mai 2006 déclarait à Cotonou : " Il est donc urgent de mettre en place une grande politique de co-développement qui facilitera la mobilité des personnes et la réinstallation volontaire en Afrique de migrants. Et c'est ensemble que nous devons organiser les migrations pour sortir de l'impasse actuelle et en faire un véritable atout en faveur du développement, mais aussi de la tolérance et de l'amitié entre l'Afrique et la France. "

     

    Philippe Douste-Blazy Ministre des affaires étrangères français s'est lui aussi mis à cette mode du co-développement en expliquant dans l'Express du 10 Novembre 2005 ce qui suit : " L'approche sécuritaire doit être abordée mais elle ne serait résoudre le problème. Il faut surtout avancer en matière de co-développement "

     

    Le co-développement c'est quoi ?

     

    C'est la solution que la France a trouvé pour essayer de réduire l'immigration. Il répond à trois priorités :

    -Inciter les migrants à investir leur épargne dans leur pays d'origine et abaisser le coût du transfert de cette épargne.

     

    -Travailler avec la diaspora technique et économique, médecins, ingénieurs, infirmières… afin qu'ils montent des projets dans leur pays d'origine.

     

    -Faciliter l'aide au retour des migrants.

     

    L'Ensemble des transferts financiers de la diaspora africaine de France représente plus de l'équivalent du montant de l'aide public au développement apporté par l'hexagone.

    Les autorités françaises ont arrêté deux grandes priorités dans leur politique de co-développement :

     

    -La canalisation de l'épargne des migrants vers l'investissement productif dans leur pays d'origine.

     

    -La mobilisation des diasporas hautement qualifiées au bénéfice de leur pays d'origine.

     

    Elles souhaitent par exemple la création d'un plan d'épargne développement qui serait calqué sur le plan d'épargne logement, mais servirait à réaliser des investissements dans les pays d'origines.

     

    La France pense que le co-développement réduira à terme les flux migratoires. Quelle belle utopie !

     

    La France ne veut pas que l'Afrique se développe.

     

    Depuis l'accession des pays africains francophones à l'indépendance, la France leur rabâche sa volonté de les voir sortir de la pauvreté et de la misère. On ne compte plus les discours de ses présidents successifs prônant une aide pour l'Afrique. Or si la France voulait réellement le développement de l'Afrique noir, cela se saurait, puisque c'est elle qui dispose des leviers de développement de la plupart des pays francophones. Son premier levier c'est l'installation au pouvoir de chefs d'états et le second est la gestion du Franc CFA.

     

    Comment se fait-il que le paysan africain n'ait  pas accès au crédit alors que la France tient le levier monétaire de la zone ? Pourquoi veut-elle maintenant utiliser l'argent des migrants pour financer des investissements productifs alors qu'elle ne le fait pas avec le Franc CFA ?

     

    Pourquoi voudrait-elle d'ailleurs gérer les fonds des migrants ? Si ce n'est pour avoir un œil sur cette masse monétaire qui lui échappe.

     

    Si les migrants présents en France transfèrent une partie des fonds financiers en Afrique, c'est d'abord parce qu'elle y a installé au mépris des règles internationales de véritables incompétents dans le but d'entraver le développement de ces pays. Cette politique des gouvernements français de gauche comme de droite favorise la pauvreté de masse et l'immigration. Le co-développement qui est prôné aujourd'hui caractérise l'échec de la politique française de coopération avec ses anciennes colonies.

     

    Pour que le co-développement prenne corps, il faut d'abord que la France ne s'immisce plus dans les élections en Afrique ; qu'elle cesse de soutenir des personnages sans projet et vision pour leur pays ! Il faut moraliser les relations entre la France et ses anciennes colonies. Cette moralisation redonnera confiance à la population et permettra un investissement plus accru de l'argent des migrants vers leur pays d'origine.

     

    Avant de promouvoir, le co-développement, il faut commencer par promouvoir la démocratie, l'organisation d'élections honnêtes et transparentes en Afrique, il faut lutter contre la corruption des dirigeants africains et de leurs amis occidentaux.

     

    A partir du moment  où la France donnera des signes dans ce sens sa volonté nouvelle du développement de l'Afrique deviendra  crédible.

     

    Les africains refusent de se développer.

     

    On parle beaucoup dans l'opinion internationale de la nécessité du développement de l'Afrique sans se poser la question de savoir si les Africains veulent vraiment se développer. Axelle Kabou dans son ouvrage intitulé " Et si l'Afrique refusait le développement ? " se livre à une réflexion qui devrait en  inspirer plus d'un.

     

    Selon elle, l'Afrique est sous développée et stagnante parce qu'elle rejette le développement de toutes ses forces. Ce rejet du progrès ne s'affiche nulle part, il se débusque sous le costard trois pièces ou sous le boubou traditionaliste. Les injections massives de capitaux n'y pourront rien. Il faut d'abord désintoxiquer les mentalités, remettre les pendules à l'heure et placer l'individu face à ses responsabilités. Beaucoup d'Africains pensent que leur destin doit être pris en charge par des étrangers.

     

    A l'heure où  l'Asiatique prend sa destinée en main,  il faut que l'africain fasse de même pour trouver des solutions endogènes à ses problèmes.

     

    C'est d'ailleurs, ce que N Krumah en bon chantre du panafricanisme défendait en 1963 à Addis-Abeba. Il affirmait : " Nous ne pouvons plus nous permettre d'aborder nos problèmes de développement, de besoin de sécurité au rythme lent des chameaux et des ânes. Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser subsister la brousse envahissante des attitudes désuètes qui nous freinent dans notre démarche vers la réalisation la plus complète et vers l'élévation constante du niveau de vie du peuple ! "

     

    Au regard de N Krumah, sans changement de mentalités et d'attitudes, les Africains ne se développeront pas.

     

    Amadou Mahtar Mbow par exemple écrit ceci : " Ce qui m'a frappé au Sénégal comme dans beaucoup de pays africains, c'est qu'il n'y a pas d'enthousiasme créateur. Aujourd'hui tout se passe comme si nos sociétés étaient bloquées et que leur sort ne dépendait que d'interventions extérieures à caractère économique et financier. Or un pays ne peut assurer son avenir dans de telles conditions "

     

    Face aux attitudes et aux mentalités des africains, il apparaît que le co-développement initié par la France n'est qu'un artifice pour se donner " bonne conscience ". La diaspora aura beau envoyer de l'argent en Afrique, si les mentalités ne changent pas, cet argent n'ira pas dans l'investissement productif mais dans la consommation courante.

     

    Le co-développement: Le baume pour soigner les effets néfastes de la mondialisation néo-libérale.

     

    Le co-développement c'est la nouvelle forêt censée cacher les effets néfastes de la mondialisation néolibérale. Cette mondialisation est le rouleau compresseur qui broie l'espoir et les vies humaines en Afrique (Aminata Traoré : Le viol de l'imaginaire).

     

    Les dérèglements de l'économie mondiale favorisent l'endettement chronique de l'Afrique et sa soumission aux puissances occidentales via les institutions de Breton Woods.

     

    Aminata Traoré affirme : " L'Afrique n'a certainement pas toujours eu droit aux dirigeants qu'elle méritait, mais elle n'a pas non plus connu que des dirigeants malhonnêtes, incompétents et corrompus. Le fait que l'ensemble des états africains soient aujourd'hui confrontés à des difficultés semblables et que celles ci persistent même en cas de changement d'équipe en dit long sur l'importance des facteurs externes dans le sabotage des économies et des démocraties africaines "

     

    Ce néolibéralisme qui pousse l'Afrique à ouvrir ses marchés à des économies plus puissantes que la sienne entraîne un processus de dépossession et d'appauvrissement généralisé qui favorise des conflits dévastateurs dans notre continent.

     

    Le co-développement proposé par la France ne règlera pas les privations engendrées par la fluctuation des prix des matières premières, les suppressions d'emplois dans la fonction publique, la baisse des bourses d'études qui sont des causes essentielles à la crise actuelle de l'Afrique.

     

    L'Argent et le savoir-faire des migrants serviront donc à soulager une plaie qui semble inguérissable sans une profonde réflexion sur les effets dévastateurs du néo-libéralisme.

     

    Conclusion

    Le co-développement ne peut constituer une approche globale de lutte contre la pauvreté en Afrique. Elle ne peut prendre corps sans un changement de mentalité et d'attitude de la France et des africains. La France doit prendre conscience du mal que sa politique de coopération cause en Afrique. Les Africains doivent sortir de leur mendicité habituelle pour prendre leur destin en main. l'Afrique attend de la France :

     

    -Quelle favorise la démocratie et les droits de l'homme au lieu de soutenir des chefs d'états criminels.

     

    -Quelle réoriente la mondialisation néolibérale actuelle au profit de l'être humain.

     

    Que la France laisse s'installer en Afrique une véritable élite responsable qui trouvera des solutions endogènes à son développement ! Elle verra que les Africains retourneront chez eux bâtir la nouvelle Afrique et elle pourra mettre à la poubelle sa nouvelle politique de co-développement. En continuant à soutenir des dictateurs, il n'y aura pas de co-développement possible mais un accroissement de l'immigration dont les conséquences pour la France et l'Afrique seront désastreuses.

     

    Kovalin Tchibinda

    Mail : kovalin@tchibinda.fr

    Blog :http://kovalin.oldiblog.com


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